jeudi 29 septembre 2016

Crash (28.09 écrit le 30.09)

Mercredi 28 septembre, nous avons eu un terrible accident de voiture... rassurez-vous par miracle nous allons tous bien! un ou deux bleus, des muscles courbaturés mais rien de plus côté physique. Côté mental, c'est plus flou... on retombe encore, on digère peu à peu, certaines choses remontent...
Notre maison à roulette, cette maison dans laquelle on a mis de l'argent, beaucoup, mais surtout du temps, de l'énergie et tout notre coeur, est plate comme une crêpe. La voiture qui nous aura d'un côté "embêtés" tout le voyage mais aussi amenés plus loin qu'on aurait imaginé va surement rouiller en bord de route comme les nombreuses épaves que nous avons croiser sur les routes. Enfin, notre rêve, notre projet, en tout ça dans sa forme originale a explosé.

On a tous des façons différentes de réagir, Mik (je parle de ce que je vois, il est difficile de vivre ce qu'il vit dedans, il m'a pas encore dit qu'il avait en crise de pancréatite) a été actif, ramasser, sauver nos affaires, jusqu'à retourner sur les lieux et prendre pièce par pièce "notre maison, notre vie" pour voir s'il y avait pas encore une chaussure de la reine des neige à sauver, de tout rassembler pour ne "pas polluer". Il a aussi été là, "l'Homme Fort", il m'a pris dans les bras malgré son épaule amochée, il a câliné les enfants, il nous a nourri (et oui, il cuisine aussi le papa poulet). Et surtout, il rêve toujours et encore, rien ne l'arrêtera... il veux finir se qu'on a commencé.

Les enfants, on dit souvent que la vérité sort de la bouche des enfants, et si ici c'est de leur réaction que sortait la vérité, ils sont JUSTE heureux d'être là! Ils jouent et sourient, la vie reprend ses droits... je suis tellement heureuse de les voir. On va les entourer et les aimer encore un peu plus fort (si c'est possible) ses jours juste pour essayer de prévenir si un stress vient dans un deuxième temps. Je suis sûre et si c'est le cas j'en suis très heureuse, qu'ils aient compris l'importance de l'accident ou le chaos dans lequel on est maintenant, merci leur innocence.

Pour moi, bien c'est un peu plus compliqué, sinon je serai pas là à 5h du mat' à écrire un article sur notre blog... mais surement que ça fait parti de ma thérapie personnelle. Je n'ai pas envie d'étaler nos malheurs, je sais qu'à l'échelle "terre" se n'est qu'une poussière, mais j'ai besoin de "sortir le truc". Pour ceux qui me connaissent bien, enfin même si on me connait qu'un peu, vous savez que je suis émotive? émotionnelle?.... bref. J'ai besoin de dire, de partager comme pour me vider et processer les choses. Besoin de pleurer pour rincer ma peur, ma tristesse, ma "perditude".... mais aussi sécher mes larmes pour voir les sourires de mes 3 amours! J'ai aussi été active (ça vous étonne pas, non?) plutôt du côté administratif, assurance, annulation... mais aussi pour trier et emballer notre vie (j'ai toujours aimé les déménagements). Vous voyez, j'ai pas perdu mon sens de l'humour... Pour moi, c'est aussi moins clair (pour l'instant) que Mik, dans l'immédiat j'aimerai rentrer dans ma maison (c'est un problème car même en Suisse, on a plus de maison), quand je dis ma maison, c'est dans mon "chez-moi" proche de mes racines, des gens que j'aime et qui m'entourent, qui répondent toujours présents et qui ont été là dans les épreuves que j'ai eu à traverser. Je me sens perdue et loin. Mais déjà avant l'accident, je suis celle qui a besoin de rentrer, j'ai besoin de mes repères plus près de moi. J'ai vécu, je vis!!! cette aventure à fond, mais j'ai "fait le tour", "j'ai compris"... Donc je suis partagée entre l'envie de rentrer, aller au chaud de l'amour des proches et le fait qu'on ne peut pas finir avec ça! On est plus fort, malgré toutes les embuches de la vie (et depuis qu'on est ensemble avec Mik, on en a eu quelque-unes), rien nous a arrêté! On a été assez "fou" pour partir en voyage avec 2 petits, quitter boulot, amis et maison pour vivre une aventure à 4... rien ne peut nous freiner! Mais j'ai besoin de temps, plus de temps...

Je vais raconter mon vécu de l'accident, c'est tellement irréel et j'étais si consciente que c'est comme si j'avais vécu un film. Je conduisais la voiture, il y avait pas mal de vent, comme souvent on était à 100km/h sur une longue ligne droite, on allait retrouver la mer. Puis j'ai entendu un crac derrière de mon côté, il semblerai qu'une jante se soit cassée. La voiture ne répondait plus, semblait glisser au ralenti. Mik qui est retourné sur les lieux, a vu qu'on a fait malgré tout un immense bout droit sur la route, j'ai maintenu le cap. La voiture a ensuite dévié sur le côté droit, je n'avais qu'un but, éviter l'arbre dedans nous... une rigole nous a freiné mais nous a aussi fait faire des tonneaux. C'était si irréel, comme dans les manèges à sensation que j'aime. Je sais pas combien on en a fait, je sais juste qu'on s'est retrouvé sur nos roues... enfin celles qui nous restaient. Les enfants ont tout de suite pleuré, Mik est vite sorti cherchant ses lunettes, je suis sortie aussi pour détacher les enfants et voir comment ils allaient... et voilà on était là les 4 dans les bras l'un de l'autre, serrés fort... au mieux des nos affaires éparpillées, de notre maison éventrée, de notre carrosse en accordéon.... ON ETAIT LA!!!!! Pas de sang, pas de membre cassé... Puis cette peur, ce choc qui remonte, "j'ai failli tuer mes petits", c'est irrésistible, cette culpabilité (mais je vous jure j'avance car j'ai écris plus haut, j'ai maintenu le cap de la voiture). Les gens se sont rapidement arrêté (les premiers ont été des personnes qu'on avait croisé le jour d'avant et avec qui on avait un peu parlé, le monde est petit), les choses se sont organisées...

On a ramassé une grande partie de nos affaires ce jour-là, les ouvriers de la route qui travaillent un peu plus haut, sont venus les mettre dans leur camion, la police est venue (au deuxième appel, quand-même!!! et oui pas de mort, pas de blessé, pas de collision entre 2 voitures.... on a pas besoin d'eux....), les pompiers pour sécuriser les lieux (gaz, essence,....) et l'ambulance (on vous a déjà dit que les médecins étaient des mauvais patients).... Comme tout le monde était en une pièce, on a préféré rester là pour essayer de récupérer notre vie. Il y avait plein de bras pour nous aider... c'est difficile de se sentir ainsi "violé", mais c'était nécessaire. Puis, le chef des travaux nous a amené à l'hôpital... pas le CHUV, ni même l'hôpital de Saignelégier, juste 2-3 cabanons blancs dans une mini-ville du bush. 2 infirmières se sont occupées de nous... on avait RIEN!! ON ETAIT LA!!! Le docteur est venu bien plus tard, un docteur qui est seul pour une région immense, qui est une semaine ici et la suivant à Kalgoorlie... mais qui fait de la télémédecine au besoin pour aider les infirmières. Un médecin de la vielle école qui sait tout faire, accoucher un 28 semaines et gérer les trauma les plus sévères... au premier coup d'oeil, il savait qu'on avait rien, si ce n'est que des muscles froissés... mais qui savait aussi ce sentiment d être perdu et d'avoir besoin de se poser... qui après avoir réfléchit nous a offert sa maison d'Espérance pour qu'on puisse avoir un endroit, UNE MAISON. Puis Barry, l'ambulancier bénévole qui a pris soin de nous, en nous véhiculant, en gardant nos affaires, en nous nourrissant.


Le fond a bien tenu!

"LA" jante

Notre maison

ILS SONT LA!!!

Mik s'active


Barry nous aide à tout récupérer

Nos autocollants

J'ai maintenu le cap....

.... et évité les arbres.

"Tout est rangé"

Notre vie

Il nous faut du repos, Mio a tout compris

Voilà, où on en est maintenant au 3ème jour, on va descendre à Espérance pour nous remettre en ordre. Nos affaires, nous, notre projet...

Encore un immense merci aux gens qui étaient là, on s'est senti aidé, entouré et aimé même au milieu de nulle part. Et aussi merci à ceux qui nous on envoyé des petits mots de soutien.

mardi 27 septembre 2016

Passer par la case prison (30.08.16)

Pour le dernier jour de Sabine, direction Fermantle et sa prison. Ça a été une visite très instructive et forte en émotions. La prison a été en activité de 1850 à 1991. Elle fait partie des 10 prisons d'Australie. Ils l'ont restaurée en 2006, elle est maintenant au patrimoine de l'UNESCO. Il y a environ 200'000 visites/an. Elle a fermé pour des raisons sanitaires. Il n'y avait rien d'électronique jusqu'à la fermeture, ni ordi ni caméra.


Tel père, tel fils

Alors quel numéro, déjà?

Pour patienter, quelques objets en exposition

Côté bâtiments:

Les premiers forçats ont construit le bâtiment principal en 7 ans, il s'agit du plus long bâtiments en un bloc d'Australie. La moitié inférieure du mur d'enceinte a été peint en blanc pour mieux voir les prisonniers la nuit. La prison est séparée en 4 divisions selon la durée de la peine. La cellule d'origine mesurait 1x2m avec une table et un hamac. Ils l'ont dédoublée donc 2x2 par détenu mais après avec l'augmentation des prisonniers, ils ont dû en mettre 2 par cellule. Un lit à 2 étages a remplacé le lit une place. Les prisonniers passaient jusqu'à 16h/j dans la cellule. La derniere année d'ouverture de la prison, les détenus avaient le droit de peindre les murs de leur cellule. Il y a encore plusieurs exemples. 

Côté quotidien:

Durant la journée, les prisonniers passaient 8h dans la cour, une par division. Il y avait un gardien pour environ 200 hommes. Il restait dans une cage et n'intervenait que quand un détenu était en danger de mort. Il ne pouvait pas voir ce qui se passait au fond de la cour, beaucoup de règlements de comptes y avaient lieu. 2/3 d'entre-eux avaient un travail payé au sein de la prison. Il fallait travailler environ 80h/semaine. L'argent servait à acheter des privilèges (tv), de l'alimentation ou des cigarettes. Le meilleur travail était dans les cuisines, ils avaient droit à une douche/j plutôt que 2/semaine pour des raisons d'hygiène. Étonnamment ces emplois étaient occupés par des meutriers, emprisonnés assez longtemps pour "grader" à ces postes. Les meurtres étant souvent réalisés dans un contexte passionnel, ils ne présentaient que peu de danger dans un environnent fermé. 

Côté éducatif :

La prison avait depuis le départ 2 buts, punir mais aussi éduquer, ré-éduquer le détenu pour changer son comportement. Il y avait des ateliers, des places de travail et biensûr 2 chapelles. Un prisonnier pouvait réduire sa peine en chantant dans le coeur de l'église.

Côté sombre (attention au parents qui lisent aux jeunes enfants): 

Il y a eu une mutinerie en 1988 lors d'un jour particulièrement chaud. Les prisonniers en charge de distribuer le thé ont ébouillanté les gardiens puis aidé des autres ils ont mis le feu à tout ce qui brûlait, enflamment le toit. Les pompiers n'ont pas pu venir car la porte historique était trop basse. Il y a eu 20 gardiens blessés. Les prisonniers n'ont même pas essayé de s'échapper. Ils ont écopé de 6 ans supplémentaires. 

Il y avait aussi une aile pour fortes têtes, avec des cellules d'isolement sans lumière ni sortie à l'extérieur. Les prisonniers pouvaient rester là jusqu'à 28j. C'est aussi le dernier endroit pour les prisonniers allant être exécutés. La peine de mort a été légale jusqu'en 1984. Il y a eu 43 hommes et 1 femme exécutés. La pendaison a été la seule forme légale, la mort arrivant 3/4 de seconde plus tard. 

Comme punition les prisonniers étaient fouettés. Lors d'une sentence, le prisonnier recevait un nombre de coups. Seul le médecin pouvait dire stop, après un rétablissement hospitalier, le détenu revenait pour recevoir le reste. Un détenu a reçu 100 coups pour avoir injurié un prêtre. 

Avant d'être emprisonné, il fallait enlevé toutes ses possessions


Puis douche...

Et passage du côté des divisions


Toujours marcher sous les passages protégés

Calendrier des prisonniers

Moi aussi, j'ai mon audio-guide

On se dégourdit les jambes



Petit changement dans le texte : tu ne tueras point n'étant pas possible dans un établissement pratiquant la peine de mort

Première cellule, très sommaire


















Sortie scolaire


Bâtiment des fortes têtes





Mik a été le plus ravi et touché par cette visite. C'était très intéressant et c'est fou de se dire que c était toujours utilisé en 91. Après tout ça on a bien mérité une pause thé/scones. Mik a même droit à un scone salé, le pied. Il profite encore presque une heure pour écouter l'audio-guide.

Pendant que papa écoute, on mange nos sucettes

On part se ballader en ville, il y a plusieurs bâtiments historiques. On a un peu de peine à les trouver, le plan n'est pas super précis, il n'y a pas franchement d'indication dans les rues et faut avouer vu la "longue" histoire ça ne saute pas forcément aux yeux que c'est un bâtiment historique ou non. Certains immeubles pas indiqués sont nettement plus jolis que certains notés. On fait quelques magasins pour les derniers achats de Sabine. 

Police montée







Taille géante

L'artiste à l'oeuvre inachevé

Pensées à Tintin car son monde m'a fait penser au tien...




Pour le dîner on teste le sushi-train, trop cool!! On se fait plaisir, il y a qu'à voir la pile d'assiettes à la fin! 










Koala

Pour le Cronuts, ça se passe juste là, j'avoue j'ai craqué..

La naissance du Cronuts

Moi je préfère les glaçons...



On rentre au camping pour une fois assez tôt. Zia retrouve Nala une petite copine réunionnaise. Elles font les folles. Sabine fait son sac, ça sent la fin. Mio qui s'est endormi va direct au lit... dernier souper avec Sabine, patates en robe des champs-fromage, faut qu'elle se réadapte. On déplace la tente sous le store car ils annoncent de la pluie pour cette dernière nuit. Vu cette "protection", Zia peut même avoir une 4ème nuit avec Sabine. Depuis hier soir Mik stress pour tout copier les photos pour nous et pour Sabine. Avec notre "ordi papi" ce n'est pas gagné! Pour 40Gb, il a mis 24h!!! Il s'est avéré que le problème venait de la clé.